Ce message figure également sur mon blog dédié à la pêche des carnassiers : http://battles19.blogspot.com/Jeudi 27 novembre.
Petite sortie de pêche sur la retenue du Chastang avec l'ami Jean-Seb.
Je m'y rends quelque peu à reculons : j'avais jeté mon dévolu sur une autre retenue cette semaine, persuadé que le sandre de nos rêves à tous, celui dont on parlera à ses petits-enfants était à portée de canne du côté des plages profondes de Lanau sur le barrage de l'Aigle.
Mais il faut bien céder aux caprices des gamins !
Le Jean-Seb ne voulais pas démordre d'une prospection du côté de Nougein sur le Chastang (AAPPMA de Marcillac-la-Croisille). Je cédais donc...
8h : remontés à bloc, nous arrivons à la mise à l'eau dans la fraîcheur des petits matins corréziens (-7°C au thermomètre de la voiture).
Je sens mon coéquipier très décidé à me démontrer la justesse de son choix du lieu de pêche.
Décidé, visiblement il l'est puisque je n'ai pas encore commencé à pêcher qu'il touche un joli sandre au shad GT vert translucide.


Ok, ça va, je m'y mets.
Je monte un Eel Assassin rose et vert qui avait décidé deux poissons le week-end dernier, et nous dérivons par 16 à 19m.
Quelques minutes plus tard, sur des échos visibles sur l'écran du sondeur, je ressens une touche très nette à -17m et monte mon premier poisson.

Il sera remis à l'eau mais sans succès, car une dizaines de minutes plus tard il réapparaîtra en surface, vaincu par une décompression fatidique. Nous le récupérons, et après une minute de silence à sa mémoire nous poursuivons notre pêche.
Plus sérieusement la remise à l'eau des poissons touchés par profondeur importante (grosso modo à partir de 15m, mais plusieurs facteurs semblent agir sur le phénomène, l'amplifiant dès -12m ou le réduisant vers -20m) est un réel problème.
Il en va de la responsabilité de chacun de limiter les captures par grandes profondeurs si on souhaite remettre ses prises à l'eau dans de bonnes conditions, et de rendre les poisson à leur élément dans le plus brefs délais.
Par ailleurs, une remise à l'eau "à la hollandaise" semble augmenter le taux de survie.
Il s'agit de faire faire un plongeon au poisson de façon à produire chez lui, lors du choc avec l'élément liquide, un réflexe de fuite vers le fond. Le geste peut paraître choquant, puisqu'on a tendance à penser qu'une remise à l'eau douce, en immergeant délicatement le poisson est moins traumatisante, mais dans la plupart des cas il est salutaire.
Je ferme la parenthèse.
Les poissons sont bien présents sur le poste, par 17 mètres de fond.
J'enregistre plusieurs autres touches, toujours sur le même leurre, et remonte une perche et un autre sandre, tous deux maillés.

Sur un tape nette que je ne ferre pas correctement, je décroche un sandre bien maillé après une dizaine de secondes de remontée.
Malgré la certitude qu'il y a encore des poissons à faire sur le poste, nous décidons de poursuivre la prospection du lac : plus de 30 km de plan d'eau d'une extrémité à l'autre, ça fait quelques postes à pêcher !
De bois noyés en arrivées d'eau, nous sortons quelques poissons : ici une perche, la un brochet, sous un beau soleil de novembre.
Nous profitons de cette superbe journée que l'absence de vent rend très savoureuse.
Après un casse-croûte sur des rochers chauffés par le soleil, la poursuite de la partie de pêche devient secondaire.
Nous nous savons privilégiés, de pouvoir contempler le paysage somptueux qu'offre le Chastang en automne. Avec le sentiment enivrant d'être partie intégrante d'un tableau, nous nous laissons porter par le calme de l'eau , la verticalité des innombrables futs d'arbres secs qui émergent des bordures, le silence apaisant qui baigne les gorges de la Dordogne seulement bousculé de temps à autre par le cri rauque d'un grand corbeau.
Sur le haut d'un rocher à côté de moi, une épreinte délavée par la pluie trahit le passage d'une loutre il y a plusieurs jours.

Un verre de Bordeaux et une goutte de prune plus tard, le bruit des 40cv du moteur du bateau de Jean-Seb tournant à 5600 tours nous ramène à la réalité : il reste du poisson à prendre.
Il est 15h30 et la pêche sera désormais brève.
Nous enregistrons quelques touches, mais aucune prise ne viendra désormais compléter le tableau du jour, qui reste honorable : plusieurs sandres, perches et un brochet, tous maillés, ce qui est inhabituel. Nous ne nous en plaignons pas.


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